Steven Brunel
Graveur / Ciseleur traditionnel sur métaux
Formé deux ans chez un Meilleur Ouvrier de France
formation en alternance à l’IRMACC de Saint-Étienne
Tout commence par une rencontre, celle de la matière, du geste, du son, et d'un maître artisan : Marc Fabre, Meilleur Ouvrier de France, avec l'IRMACC de Saint-Étienne.
Pendant deux ans, j’ai appris à voir autrement. J’ai découvert un monde miniature. J’ai compris que, pour graver, il faut se taire, observer, respirer, contrôler ses mains. Le métal devient un support, dont chaque trait porte une mémoire, une écriture silencieuse, qui ne se révèle qu’après de nombreuses heures de travail.
Ces années furent une renaissance. Après une scolarité où je n’arrivais pas à trouver ma place, j’ai découvert un univers qui m’a compris et accueilli, il m’a enseigné l’amour du geste et la force de l’expression.
Jour après jour, je m’inscrivais dans une tradition exigeante, transmise avec rigueur et passion. Je ne le savais pas encore, mais la gravure allait devenir plus qu’un métier : elle est devenue mon langage.
Prix de la Jeune Création Métiers d’Art 2018
une rigueur récompensée
Après la formation, il a fallu s’accrocher. La nuit, je travaillais en usine. Le jour, je m’enfermais dans l’atelier ; je gravais sans relâche, pour gagner en maîtrise, en précision, en profondeur. J’économisais pour acheter mes outils, pour construire mon atelier.
J’ai tenu ce rythme pendant deux ans. C’était intense, et j’aimais ça. Voir mon atelier prendre forme me procurait une énergie inépuisable.
C’est durant cette période que j’ai reçu le Prix de la Jeune Création Métiers d’Art remis par Atelier d'Art de France. Une lumière dans la fatigue et la sueur. Une reconnaissance inattendue. Pas pour la gloire, mais pour la certitude que mes mains parlaient juste, que mes gestes et mes intentions avaient un sens.
Ce prix m’a placé sous les projecteurs : salons, presse, reportages. Mais je n’avais pas encore les outils pour en tirer le meilleur. Je manquais de maturité, de recul.
Et pourtant, cette expérience m’a apporté bien plus qu’une récompense : elle m’a affirmé que j’étais au bon endroit.
Fondation de GravureBrunel
naissance d’une identité
En janvier 2020, je crée GravureBrunel. Un nom choisi pour rendre hommage à mon père, parti bien trop tôt, et à mon maître, qui m’a transmis ce savoir-faire. GravureBrunel, c’est l’histoire que j’ai choisie d’écrire.
La crise sanitaire frappe peu après. Mais je ne lâche rien. Je me lance dans le codage pour créer moi-même le site GravureBrunel, en partant de zéro, sans aucune connaissance au départ. Je me forme seul, j’apprends, je teste, je recommence, ligne après ligne. Après six mois de travail acharné, je publie la version 1 du site fin 2020.
L’année 2021 ne m’a pas été très favorable, beaucoup d'effort et peu de résultats, j'enchaîne les petits boulots et finalement j’intègre Solyfonte, une fonderie d’art à Montbrison. Jusqu’ici, je voyais le métal comme un support à graver. Je découvre une matière à modeler : brasure, émerisage, polissage… Un nouvel univers s’ouvre à moi, celui de l’orfèvrerie et du bijou.
Puis, au bout de deux années, une petite musique en moi s’est remise à jouer, plus forte que tout. C’est une évidence : je suis un travailleur de la matière, et ma mission est de la faire résonner.
Formé un an à la forge chez Christophe Mezzasoma
retour aux sources
Je retourne à l’IRMACC pour une troisième année. Le but : comprendre la matière autrement. Revoir tout ce que j’avais appris, avec un regard neuf.
Le feu entre dans ma pratique. Il m’enseigne la puissance, le lâcher-prise, la contemplation. La création aussi. La matière ne se laisse pas faire. Elle résiste, elle parle fort ; et moi, je l’écoute.
C’est à ce moment-là que je comprends : j’ai quelque chose à dire. Ce métier, mon métier, me traverse. Il est mon récit, ma manière d’être au monde.
Solyfonte m’avait permis de poser des mots. Ici, je les aperçois.
Prix "Savoir-Faire" Patrimoine Aurhalpin
la responsabilité d’un héritage
À la suite de cette formation, je présente un dossier. Il parle de gestes, de traditions, de beauté fragile, de cette mémoire manuelle qu’il faut préserver.
À nouveau lauréat en 2024 avec Patrimoine Aurhalpin, c'est un prix que je ressens comme une promesse. Un engagement. Un devoir : transmettre, expliquer, rendre vivant ce qui m’a été légué.
Ce désir est réel. Il prend forme doucement, à son rythme. L’avenir ne se construit pas seulement avec des réalisations. Il sera aussi fait d’élèves, de formations, de temps partagés à l’atelier.
Je réfléchis aujourd’hui à un plan de formation, pour ouvrir la voie à d’autres. Le prix "Savoir-Faire" a aussi été l’occasion de belles rencontres, et d’un nouveau souffle.
Et demain ?
entre création, transmission et recherche
Pour la suite, je cherche un équilibre, entre prestation, formation et création. Je veux continuer à me dépasser, explorer de nouvelles voies, expérimenter, comprendre, apprendre et transmettre.
Je ne vois pas l’avenir avec certitude, mais j’ai des objectifs et des rêves. Participer à de nouveaux concours pour me questionner, m’améliorer. Préparer, un jour, le concours des Meilleurs Ouvriers de France. Donner plus de place à mon projet de transmission.
J’aimerais aussi participer à des salons, faire des démonstrations, créer de petites collections thématiques.
Le site a récemment été entièrement repensé. Vous êtes actuellement sur la version 2, mise à jour début 2026, intégralement conçue par mes soins. Il reflète ma vision, mon engagement et ce travail que je cherche chaque jour à affiner.
Si vous souhaitez développer un projet, ou simplement échanger, je vous invite à me contacter.